Addis Ababa, le 11 décembre 1997
Cette
nuit nous avons rêvé d'YFFIC, YFFIC notre reporter internet,
là-bas en Bretagne, qui sous son ciel de crachins met en page,
en forme, en couleurs avec grand brio nos aventures au quotidien.Temps splendide. Je commence cette nouvelle page de bonne heure, lever très matinal pour toute l'équipe, ici il faut profiter de la matinée pour faire avancer les choses, l'après-midi passe vite, la nuit est là dès 18 Heures, et là tout s'arrête jusqu'au lendemain. Tout le monde est sur le pont... Philou et Fabienne sont au Circus et commencent à installer l'atelier costumes: pour cela déménagement du réfectoire. Titi Man commence son inventaire éclairages; ça va le faire. Thierry est à une séance de travail avec un groupe de jeunes du cirque; il est heureux!! Luc revient d'un rendez-vous avec un fournisseur de scène: chou blanc!!! Pour se remonter le moral, il pianote sur internet sur le site du Fourneau et regarde le carnet de bord chouchouté, corrigé par la Team Yffic. Dans quelques minutes Luc et moi nous nous rendons à l'Ambassade, nous n'avons toujours pas solutionné notre problème de trésorerie, nous aborderons sûrement le sujet... Bonne journée à tous. Nuit noire étoilée,
Maison de Marc.
- J.R.J -
Je découvre ma propre équipe dans cette rencontre impossible. Une rencontre de deux cultures dans un sens où les deux se complètent et s'entendent sur un projet commun. Une chance rare.
- Marc -
Efffffectivement
l'installation des costumes se fait peu à peu par le système
des vases communiquants. Nous avons dressé une grande tente pour
y mettre le réfectoire... A la place du réfectoire nous
avons installé l'atelier couture, demain nous mettrons de la paille
tressée au sol et quelques rideaux... + la table + les mannequins
+ la machine à coudre + les aiguilles + le fil, etc... l'espace
est assez grand ce qui est un luxe ici et nous sommes juste en face des
cuisines, chose inespérée pour le gourmand que je suis.Ici les simples odeurs nous emplissant d'aise, pas de polluuuution excepté au centre d'Addis où les gens s'entassent dans des bus aux effluves de gasoil consumées. Moi le Toubabe j'ai les idées Noires et le coeur rempli de soleil. P.S: cette après-midi Titi Lolo a commandé "A cup of tea please" en anglais dans le texte, il progresse à grand pas 2ème PS de Fabienne l'Africaine (vous vous rappelez c'est pour la rime): Nous avons une chanteuse dans l'atelier couture et nous espérons travailler en cadence. Olé!
Le tailleur de costards - Philou -
Aujourd'hui nous avons fait avec Martine notre première réunion avec nos homologues du Circus, 6 entraîneurs. Une seconde avant cette rencontre, j'ai une apnée très... très longue... mon coeur palpite... une angoisse profonde me saisit... "Comment moi, Thierry, le bavard impénitent, vais-je communiquer ?". J'entreprends sous le regard complice de Martine sept mots d'anglais, 4 français, 6 bretons, et le reste gestuelllllement.... La communion a lieu.
- Thierry -
Moi, Martine, je n'ai plus de mots à vous donner... j'ai tapé les réflexions des autres, j'aurai l'impression de vous redire que ce présent est une Grande Epopée, une Fresque Historique, une Ecriture nouvelle qui se gravera dans les coeurs. - Martine -
La première semaine passée avec seulement quatre Oposito à Addis nous avait acclimaté au rythme d'ici. Depuis le second arrivage, oui un bulldozer est arrivé, et depuis la réunion de cet après-midi, toutes les roues (éthiopiennes et françaises) de cet engin ont l'air de vouloir avancer dans la même direction. Si en plus elles avancent à la même vitesse, ce sera une belle parade...
- Luc -
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Vendredi 12 décembre 1997
D'une
rumeur générale, bonne journée pour toutes les équipes.Lundi nous commençons l'atelier "théâtre" avec "les jeunes de la rue".... atelier jeu... atelier expression...atelier d'humeur.... je continue de regarder les jeunes travailler dans les ateliers. Rester à l'écoute sans faire de plan sur la comète. Trouver le presque juste rapport.... - Martine -
Ici on a toujours l'impression d'avoir tout vu, et puis au coin du chemin une nouvelle image, un nouveau monde. Ici le martien c'est moi, j'essaye d'expliquer comment ma soucoupe vole et je fais marrer tout le monde.
- JRJ -
23h30 - la maison est calme, silence; Adrien dort dans le jardin sous la tente d'Abouchou (le fils de Marc), ce soir il a pris deux couvertures. Antonella dort, elle soigne son angine. Luc bouquine sur son lit, il espère envoyer les messages plus tard dans la nuit... la ligne téléphonique est coupée depuis ce midi. Kiké dans son repère, avec pas de porte sur le jardin, salive de matière tout en sirotant sa Tequila. Et les autres ? Ils sont là-haut au Circus. Ce doit être la fête. Ce soir une représentation a été donnée devant un groupe de japonais, après on ne se quitte pas comme ça... Bonsoir, demain avec Thierry nous allons à l'atelier du samedi matin, échauffement à 8 heures. La lune est presque pleine, coucou Montréal.
- Martine -
Les émotions sont chaque jour différentes, après le spectacle de ce soir, je ne sais pas si mon coeur va tenir: exploit, fraîcheur, humour, théâtre sont les bonheurs simples des jeux d'enfants. Je veux JOUER avec eux...
- Thierry -
Samedi, 1h12 Premier jour sans AUCUN nuage. Dernier rescapé (tout le monde dort!) Les hyènes ne sont pas loin... La personne chargée d'aller chercher les malles a disparu avec les 4000 birs (Luc inquiet...)
9h30: Antonella, Kike et Achil au Mercato, liste et birs en poche, pour différents achats dont le minimum indispensable en outillage (en dépit de récupérer nos malles!). Imaginez une rue commerçante de trois mètres cinquante de large et d'une vingtaine de mètres de long, avec des voitures, des camionnettes "pick-up" et des camions, garés de part et d'autre de la rue, au centre du tableau: deux jeunes gars en train de dérouler en plein milieu de la rue un rouleau de toile de deux mètres de large pour en mesurer une longueur de 100 mètres, bloquant ainsi la circulation dans les deux sens pendant environ 40mn.... Imaginez
Antonella en train d'apprendre à deux "black" très attentifs,
plus grands qu'elle, comment faire pour ne pas avoir à re-mesurer
- avec un mètre de couture - dix fois la même longueur de
corde (nous voulions dix mètres d'une dizaine de cordages différents);
en se servant de la première corde comme référence;
à un tel point que le patron de la boutique voulait la garder comme
vendeuse!!Imaginez simplement que l'on vous offre le café (le vrai, made in Ethiopia) pour vous faire patienter pendant que l'on vous débite (à la scie à main) les deux planches que vous venez d'acheter, le tout avec un putain de sourire que convoiteraient bien volontiers les plus grandes marques de dentifrices... Imaginez un enfant d'une douzaine d'années, aidé d'un bâton au bout duquel est fixée une lanière de cuir, en train de se démener pour faire avancer son petit troupeau de six chèvres sur un trottoir où se succèdent des "wood store". Les chèvres renversent une planche en équilibre, le gamin - tout penaud - se fait incendier par les vendeurs tandis que son troupeau, profitant de l'agitation, s'engouffre dans la boutique délaissée; il rentre à leur suite, en sort avec une chèvre, la jette sur le trottoir, re-rentre, en jette une seconde dehors tandis que la première se re-faufile à l'intérieur, le gamin craque, les vendeurs qui souriaient de l'histoire viennent l'aider en l'insultant, il réussit enfin à regrouper ses bêtes.... jusqu'à la prochaine boutique où la même scène se reproduit avec cependant un lancer de chèvre beaucoup plus impressionnant. Imaginez le Kike, rayonnant, lunettes de soleil, cheveux dans le vent, à l'arrière du pick-up, en train d'humer la ville, après s'être sommairement rassasié avec une "injera" accompagnée de petits morceaux de viande de mouton en sauce légèrement pimentée. Vous pouvez maintenant comprendre que c'est HEUREUX que je vous quitte pour aller dormir.
- Achil, 3h12, la maison est on ne
peut plus calme -
Après plusieurs vaines tentatives dans la nuit, notre entreprise de communication sur le réseau mondial est suspendue jusqu'à demain, pour cause de panne de téléphone... Eh oui, ca n'arrive pas qu'aux autres... On s'était habitué à la perfection de la technologie ici... Le facteur passera donc demain.
-Luc-
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Addis Ababa, le 13 décembre 1997Toujours pas de téléphone... plus de gaz à la cuisine, ni d'ailleurs en Ethiopie pour quelques mois, nous trouverons certainement une plaque électrique au Mercato. Ce
matin j'ai participé à l'échauffement d'Amaha avec
l'école de cirque (UN SCOOP; les malles sont arrivées, Luc
en pleure, JR est sorti de sa soucoupe...). Je reprends sur le training
de ce matin, j'ai accompli grands écarts, roulades et pompes devant
le regard amusé des élèves, je suis épuisé...
"et moi alors !" (Martine). Les musiciens jouent comme d'habitude, les
chanteurs vocalisent. La file des acrobates s'organise devant le long
tapis, là-bas coincé entre la porte et le cheval d'arçon,
huit plus Grands sautent.... sautent et d'un coup enchaînent
4 flip-flap arrière. Ici les petites filles, tranquillement, travaillent
à des contorsions sous le regard de Lison. Devant la porte 2 jongleurs
s'entraînent...et à chaque entrée de nouveaux arrivants
il faut esquiver... Sur le petit tapis une pyramide se hisse...ouf...
juste à cet endroit une plaque du plafond a été retirée
pour permettre de monter toujours plus haut. Très peu de paroles.
Un clap léger et la ruche change d'activité; balles et massues
prennent la relève.Vous pourriez nous dire: un entraînement classique! 3 heures - 80 mètres carrés - 60 élèves entre 6 et 16 ans - faites la règle de 3 et vous trouverez: tranquillité, dextérité, obstination et autonomie.
- Thierry, Martine -
- JRJ -
Nouvelles de l'atelier "costumes" Mimi,
costumière du Circus, et nous mêmes, avons déballé,
répertorié environ 380 kg de costumes: cadeau du Cirque
du Soleil - coucou Montréal -. Au résultat: une liste
savamment imaginée, où chaque notification peut être
comprise par chacun. Un riche travail de communication!Dès lundi matin nous complèterons notre stock par des matériaux achetés au Mercato. Voici pour la recette: un peu de lycra fluo, un peu de paille tressée et des idées.
- Fabienne -
Les
boîtes multicolores du Cirque du Soleil - coucou Montréal
- se sont vidées en arc en ciel sur les parois de l'atelier couture
(Fabienne vient de le dire), atelier couture installé dans le réfectoire
(c'est moi qui vous l'a dit !) - Avez-vous vu la photo Internet avec Fabienne?Les costumes sont très beaux et vont être de bonnes bases pour commencer. Car le travail ne fait que commencer. Le chemin est ouvert, qui nous mènera aux 150 costumes que nous devons réaliser. Le temps est au beau fixe de toute façon. La couleur Noire ici se porte bien.
- Le Tailleur de costumes -
Nouvelles des lanternesPremiers travaux, nos ateliers s'amorcent avec un échange de langue autour de notre espace; français, amharique, anglais, breton cela forme un mélange plein d'humour et d'éclats de rire. Nous sommes connectés pour la suite...
- Titiman -
Nouvelles ZélandeJe suis CONTENT !!! Premier bobo éthiopien, deux petits coups de scie (toute neuve et toute belle) sur le poupouce!! Allez, c'est ça, salut !
- Achil -
Les malles dernièresNous avons récupéré nos malles de matériel ce matin moyennant 7000 francs de charges et taxes diverses. Ils nous ont facturé un droit de garde du matériel, c'est-à-dire couvrant la période d'accomplissement de leurs formalités... bel esprit! En tout cas grand soulagement car hier j'avais, d'un air de conquérant, asséné l'administrateur du Circus (chargé de payer les taxes et de ramener les malles) de l'ultimatum humoristique "Come with the Tools or never come back". Et j'ai eu peur toute la soirée qu'il l'ai prit au premier degré...avec l'oseille et la poudre d'escampette... Mais au petit matin, il revient, les malles bien chargées. On ne m'y reprendra plus. La prochaine mission est de trouver une scène. J'ai déjà rencontré l'ingénieur qui va me la dessiner et mardi je rencontre des charpentiers pour deviser ensemble sur le sujet. Ce n'est pas une mince affaire, surtout que les budgets sont minces... |
Addis Ababa le 14 décembre 1997Une journée de repos pour toute l'équipe et pourtant nous sommes tous fatigués, normal vu le programme...
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![]() Mutisme, je regarde, j'hume, je sens, je m'habille chaud. |
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![]() Rappel de souvenirs du Sénégal, de la Turquie. Rappel d'images, de senteurs, mais pas d'hommes sur la chaussée déformée à demi-nus. |