Addis Ababa, le 1er janvier 1998
Premiers pas sur le sol africain, l'arrivée
à Addis-Abeba et les deux premiers jours se sont enchaînés
à vitesse grand V et tout en douceur cependant. Douceur de l'accueil
de cette grande équipe: nous nous retrouvons après un mois
d'absence dans un autre lieu, autre temps. La visite du Circus Ethiopia,
des ateliers de décors, costumes vous scotchent sur place. Les
regards, les sourires vous attrapent à chaque pas, l'appréhension
est encore souvent présente. Tout est à découvrir
et nous sommes généreusement entourées pour cette
aventure: il faudrait alors citer tout le monde, car l'expérience
de chacun est une pièce du puzzle, différente, originale;
à côté sa propre perception reste intacte. Et je ne
parle pas des couleurs...98 000 pensées intrastellaires des nouvelles arrivantes.
- Frédérique -
Arrivée récente au milieu des odeurs de poivre, de fleurs et de soleil. Autre année, autre jour et déjà le bonheur si grand d'être ici ensemble. Je découvre un rythme différent fait de rencontres et de solitude. Un étrange mélange de douceur, de difficultés, de joie et de la tristesse aussi, tous ces enfants et mon incapacité... La vie est belle, c'est sûr.
- Laure -
Un Rhinocéros peut en cacher un
autre!!!!Un matin dans le brouillard, nous nous sommes couchés tard bien sûr! Cela n'a pas empêché l'équipe de se trouver sur le pont toute la journée.... avec bonheur!! Réunion sous la hutte avec Aweke, après un tour d'horizon de l'état du projet à J-9, nous estimons mutuellement que le "Bébé se présente bien". Aweke me fait part de ces interrogations concernant le tournage du film que Martine et sa petite équipe ont entrepris sur notre aventure. Aweke a une méfiance extrême des médias et des journalistes, il a le sentiment d'avoir toujours été utilisé dans le cadre du grand show audio-visuel du charity business, ne reflétant en rien la réalité du Circus. Le Circus Ethiopia n'est pas une équipe constituée de jeunes mourant de faim ou vivant dans la rue, mais bien de jeunes provenant d'une classe moyenne Ethiopienne (s'il en existe une?) travaillant tous les jours d'arrache-pied afin de progresser dans leur art. Le cirque est un projet ancré dans la réalité du pays, ses actions sont multiples et ouvertes vers l'extérieur...
- JRJ -
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Addis Ababa, le 2 janvier 1998
L'équipe de la Luna a cassé
sa caméra, mais c'est quand même l'anniversaire d'Emmanuelle.Parler d'aujourd'hui? Non plutôt parler de demain. Première répétition d'ensemble dès 8H00 sur un stade de foot, séance très attendue qui doit fixer nos travaux collectifs dans l'espace. Après cette répétition, un match est organisé par Aweke suite à une proposition d'Achil. Deux équipes se rencontreront et s'affronteront jusqu'au score final qui déterminera le vainqueur; un peu d'ailleurs, comme ce qui va se passer, cette année, dans notre merveilleux pays qui est le nôtre. Cette discipline que nous allons pratiquer se nomme "football"... Et puis après, il y aura le départ de l'équipe Oposito et du Circus pour une destination encore mystérieuse, bien que connue, pour Debre Beran. Nous assisterons au spectacle du Circus Ethiopia en essayant de faire un petit quelque chose (merci Martine et Thierry) et puis après??? Donc tout va toujours pour le meilleur des mondes et je vous salue.
- Rascal -
Nouveau départ pour l'aéroport,
dans 1 heure: Michèle foulera à son tour le sol Ethiopien,
toute seule. Nous avons tous franchi cette première épreuve
en compagnie d'un comparse de voyage, je l'imagine devant la pancarte
"ALIENS" qui est destinée à tous les étrangers qui
rentrent sur le territoire. Lorsque votre tour approche de passer aux
formalités douanières, vous attendez derrière une
ligne blanche tracée au sol que l'on vous invite à franchir
vers le premier contrôle: passeport, fiche d'immigration, rien à
déclarer? Le contexte est simplement très différent
de nos luxueux aéroports ultra modernes. D'abord on entend les
grillons, l'éclairage est blafard, lumière néons,
bâtiments en béton. Puis direction les bagages, là
on regarde un peu autour de soi pensant trouver la personne qui vous attend,
peine perdue personne ne peut pénétrer dans l'aéroport,
vous récupérez votre attirail; re-contrôle, bordereau
de déclaration de devise... Vous suivez le troupeau et sans vous
en rendre compte vous êtes dehors, cinquante mètres vous
séparent de la sortie, vous avancez, et là, enfin vous entendez
crier votre nom de l'autre côté de la clôture de l'aéroport...
En fait, rien de plus normal.
- JR -
Un nouveau roi en Ethiopie! Négus Achil lui même. En effet, le week-end dernier, j'ai passé plus de temps sur le trône ou au lit que debout. Heureusement j'ai pu être opérationnel dès lundi, début de la ligne droite avant le sprint final. Mardi: Anto nous revient de Djemma avec la super banane. Les épaules du Rhino apparaissent, au grand étonnement de nos amis du Circus qui comprennent enfin. Mercredi:
Gros flash, Kiké a illuminé l'espace en peignant au pistolet
les toiles aux couleurs de l'Ethiopie.Jeudi: Nous décidons de mettre des roues au Rhino (décidément beaucoup trop lourd). Fred et Laure donnent la main. Vendredi: Récapitulatif régie, d'aujourd'hui jusqu'au spectacle. Y a du taf!, les maniamanias de "dernière minute" s'étant accumulés. Début de fabrication des pieds de projo pour Titiman (on a dû transformer, en la débitant à la disqueuse, une barre carrée en U! j'ai pensé à toi Benoît). Nous n'accompagnons plus systématiquement nos homologues circassiens pour les achats; la compréhension étant presque parfaite, cela nous fait gagner du temps, et de l'argent. Petite crainte au sujet des toiles, la peinture s'écaille par endroit, ce qui va nous obliger - si notre test vernis de demain échoue - à les manipuler avec des pincettes pour le transport et à faire des retouches, une fois montées. Le dessin, à l'échelle de la tête du lion, de l'arche centrale fait par Kiké, doit actuellement trôner sur les murs d'une case d'Addis, parmi des images pieuses. (Disparition ce matin des croquis couleurs de Kiké, il nous quitte à l'instant accompagné de son verre... d'aspirine.)
- Ex Négus Achil -
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Addis Ababa, le 3 janvier 1998
Arrivée tardive à Addis
de nuit. Installation à l'hôtel Shoa. Remise des "courses"
faites en France: câbles de son, d'éclairage, vin, saucisson,
fromage.Quelques heures de sommeil. Lever à 7 heures. Rapide petit déjeuner et Marc Lachance est déjà là. En route pour le Circus. Ce matin est prévue la première grande répétition sur grand espace avec tous les enfants du Circus. Répétition de la parade ainsi que du mouvement qui aura lieu devant la gare d'Addis. Elle a lieu sur un terrain de football à quelques kilomètres. Après un départ quelque peu laborieux, les enfants dans le bus, le matériel dans un camion, cahin-caha, les voilà au travail. La police est là, surveille et repousse à petits coups de baguettes le public qui en quelques minutes s'est rassemblé. A côté, sur une partie du terrain, un match de foot continue. Qu'importe, la répét. commence. Martine ne sait plus où donner de la tête. Aujourd'hui elle a 50 jeunes dans son équipe au lieu de 30. A Thierry il en manque 10. Et bien voilà le compte est presque bon! Les choeurs rythmiques, les chorégraphies se succèdent à un rythme d'enfer, à chaque fois dirigé par un couple français-éthiopien, Jean-Raymond/Aweke, Rascal/Nesamet, Martine/Guirma, Thierry/Chenafi. Gestes, amharique, français, anglais. Qu'importe! Les jeunes sont toujours aussi attentifs. J'imagine la même répétition en banlieue! 100 jeunes en répét pendant 2 heures! Couleurs,
sons, sourires, rires, performances des jeunes. Quelle énergie!
Pause. De temps en temps les chefs se mettent en rond et discutent pour
se mettre d'accord sur tel mouvement. Toutes les images sont en place!
Petit à petit la répétition grignote sur le match
de foot qui se continue toujours, joueurs imperturbables. Soudain à
un bout du terrain, gros rassemblement. Martine de l'équipe vidéo
est KO: elle a reçu le ballon de foot sur la tête. Allez,
c'est reparti! Thierry et Martine sont déchaînés.
Ils courent, sautent et vont même jusqu'à mimer les déplacements
du Rhinocéros encore en construction dans l'atelier de Kiké.Rires des jeunes et du public! Stop. Grand bravo à tous. Ca suffit pour aujourd'hui, demain sera un autre jour!
- Michèle -
Seuls les vaillants restent...
14h: ça y est, le bus est enfin parti pour Debre-Brehan, équipes
du circus et Oposito mélangées. Une petite soixantaine entassée
tant bien que mal dans un bus qui mériterait sa place dans un de
nos musées automobile. Le pick-up est réquisitionné,
vraiment trop de monde! Michèle, après avoir commencé
sur les chapeaux de roues, enchaîne donc par deux heures de voyage
dans ce bus folklorique! Nous aurons probablement ses commentaires à
son retour, demain...Anto, Fred, Adrien et Jacky sont partis ce matin après la répétition générale, by plane, to Dire-Dawa. Je les envie un peu (de l'Ethiopie je ne connaîtrai qu'Addis!) même si le fait de travailler avec les gens d'ici nous privilégie en matière de contacts et d'approche réaliste de la culture éthiopienne. La maison est calme. Kike et Titiman digèrent, Marc tapote, Philou et Fabienne sont déjà retournés à la tâche, Luc fait le point, nos copines de la popote mangent de l'injera dans la cuisine, le soleil chasse les quelques gouttes qui viennent de tomber. Et si j'allais bosser....?
- Achilum -
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Addis Ababa, le 4 janvier 1998
- J.R. -
Deux jours de soleil, de musique, de dépaysement
total. Avons fait un déplacement de 130 Km vers le nord d'Addis
Ababa, à Debre Berhan où se produisait le Circus ce matin.
3 heures de bus aller, 3 heures retour. Au moins 60 dans un bus de 45
plus les sacs de couchage, les sacs et quatre moutons pour revenir (et
oui, Noël c'est le 7 janvier ici !).Paysages extraordinaires, tous ocres confondus, paysans au travail, moisson, triage des lentilles, troupeaux de moutons, de vaches, d'ânes. Plein les yeux! Quelques frayeurs aussi: la conduite éthiopienne est beaucoup plus... moins... bref tout se fait au Klaxon et à grande vitesse!
- Michèle -
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- CyberVincent -
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