7 janvier 1998, Noël éthiopien (calendrier julien)

Joyeux Noël Ethiopien Dans les rues, les mêmes phrases reviennent "merry christmas", guirlandes et sapins sont les éléments de décoration semblable à celle de chez nous, mais ici, vous n'allez pas me croire, le père Noël est noir, je l'ai vu, de mes yeux, vu. Je suis perdu, une fois de plus l'image enfantine se brise, papa pourquoi tant de mensonges? Et Dieu?
Dans cette église orthodoxe, tous les personnages positifs de la fresque religieuse sont blancs excepté ce gros diable enchaîné de couleur noir, mais cette fois je ne me laisserai pas berner. Le père Noël d'Addis non plus, il est nonchalant, le pied droit adossé au mur d'un café, mais conscience professionnelle oblige, un touriste veut le prendre en photo. L'homme rouge, blanc et noir généreux pose pour rassurer le "farendg". Les bergers souriants assistent à la scène, ils sont venus nombreux de la montagne vendre leurs moutons, aujourd'hui c'est jour de fête!
(2 Noël en 13 jours, je suis fatigué... c'est bon)
- Thierry -

Addis Ababa, jour de Noël, silhouettes blanches dans les rues. Tous ont sortis leurs habits du dimanche tout blancs pour les hommes, blanc avec une écharpe cernée de couleur pour les femmes.
- Michèle -
 

Addis Ababa, le 8 janvier 98

La sono du Yemen est arrivée Ce matin le mouton ramené lors de notre voyage à Debre Berhan est en morceaux sur la table de la cuisine. Noël oblige, aujourd'hui toute la famille va manger du mouton et les cuisinières s'activent depuis très tôt ce matin. Comme quand on tuait le cochon chez nous, l'intégralité de l'agneau sera utilisé toute la matinée, de superbes odeurs envahissent la maison. A midi ce sera de l'injera avec du mouton coupé en dés si fins qu'il fond dans la bouche et du mouton grillé. Ce soir... on verra. C'est très viande aujourd'hui ... sauf pour Thierry que la moindre odeur de mouton fait vomir. Tiens le voilà qui saute par la fenêtre pour aller le plus vite possible dans le jardin. Et catastrophe il tombe sur la tête du mouton que le chien a traîné par là. Et nous de rire... Pauvre Thierry. De remords je lui prépare une assiette de crudités et du saucisson from France.
Autre fait marquant de cette matinée, l'arrivée du son bloqué au Yemen depuis de longs jours et indispensable pour le spectacle. Grand Ouf... de soulagement poussé par Marc et Luc (dont c'est aujourd'hui l'anniversaire / Bon anniversaire Mister Lucky !) cela valait bien une photo.
- Michèle - 

Vincent, le 2e jour Départ aux aurores un peu raté ce matin, ce n'est pourtant pas dû aux folies de la veille car nous sommes restés très sages hier. La journée commence par une ballade jusqu'au cirque avec Anto, aujourd'hui ce sera cool. Ici il faut faire doucement, c'est comme ça. Préparation de l'interview d'Aweke (voilà que je bosse pour la video "dream team" maintenant) dans un jardin privé du "petit bar italien" après une âpre négociation avec la tôlière. Aweke semble très à l'aise, Jean Raymond sort quelques conneries, normal.
Après le déjeuner et le vomi de Titi Lolo (dit Deborah dans les lieux peu recommandables d'Addis), retour au Circus avec un crochet par la station Mobil. Mon objectif: me saisir le plus rapidement d'un insecticide surpuissant afin de procéder au génocide méthodique des puces (made in Africa) qui me pourrissent depuis 2 jours. 
A part ça, je fais des photos sous le soleil d'Addis et tout va bien.
- Vincent - 

21h06. Comme y'a pas de place à table, y'a de la place à l'ordinateur. Robert le mouton est mort ce matin, au menu cette semaine gigot, côtelettes, ragoût aux carottes. Pour les feuilles de service, la ronéotypeuse n'a plus d'encre, le camion de la sono a les 4 pneus crevés, mais le sound system est tout neuf, des flight case rutilent, Ethiopia, rock, music, styli, Iri....
Vivement qu'on le fasse... See you later, bon anniversaire mister Luc.
- Emma -
Les cuisinières du mouton
Des nouvelles des costumes.
Eh bien oui, ça y est, presque. La relève des petites mains de France (Laure et Frédé) et du Canada (Claire, la maman de Marc) a été des plus efficaces. Les essayages pour tous les kids du Circus (une centaine) sont maintenant achevés: Martine fut une collaboratrice hors pair. Les comédiens d'Oposito, tels des cheminots africains paraderont vêtus de bleus et de paille. Demain, installation des loges, finitions et nous voici fin prêts... Ha! La belle équipe!
- Fabienne l'Africaine -
Fabienne (© Vincent Muteau)
Sans fausses joies, (ici elles sont toutes vraies), je peux croire et le veux, notre croisade arrive à sa fin. Menés à leur terme, costumes et accessoires emplissent à présent les portants métalliques de l'atelier couture. En tout cas, les 150 costumes, qui, s'ils étaient suspendus avec leurs propriétaires prendraient 3 fois plus de place qu'ils n'occupent déjà, sont finis. Pour les chaussures par contre, peu de place suffit, car nos habitants de costumes n'en usent pas trop. Des claquettes, des tongues au mieux, pieds nus au pire, l'essentiel sera de participer à la parade et au final, place Mezcal (comme l'alcool mexicain) qui promet, promet, promet, et ce ne sont pas que des promesses. La parole est sage, même s'il vaut mieux souvent ne rien dire. La prochaine fois j'essaierai l'écriture automatique. Bons baisers d'Ethiopie.
- Yes, I'm Philou le tailleur de costards -

Les animaux électriques sont dans la cage et sont prêts à sortir...
- Titiman -
 

Addis Ababa, le 09 janvier 1998

Maison de Marc, minuit trente-cinq, temps doux. Je suis serein...
- JR -

Achil et le lion (© Vincent Muteau) Vendredi, J-1, un certain rush nous agite tous. La logistique est difficile, les communications, les transports... Dans la maison ça tourne dans tous les sens, les décisions changent de minute en minute, le montage de la place Mescal a commencé ce matin, les musiciens de Nazareth sont attendus, on n'a plus assez de voiture, on est de + en + nombreux, ça fuzzze. On a 4 talkies. Ok, c'est parti pour la grande folie. Journée très chaude pour un montage... à l'éthiopienne. Le Lion trône sur la place Mescal, c'est ce qui compte. Aujourd'hui le soleil a tapé très fort et la lumière était très belle. Quelques belles images des Street's Kids et des cuisinières. Achil perché sur un camion de bidons Mobil. Tadeus allongé à l'ombre sur le capot de la Red Cross... tranquille. Demain, je ferai des photos sur la moto conduite par Marc.
Alleluhia.....!
- Vincent. 

Comme vous le savez tous, demain le grand jour! L'euphorie des veilles de spectacle, chacun ses rituels: "ce soir, je me couche tôt".
Titiman (© Vincent Muteau)Le bougre veille encore...
- "où est ma conduite ?"
- "Jean-raymond, tu n'oublies pas le top de la figure 2"
- "je vis totalement le présent, demain est un nouveau jour"
- "demain je vais à une fête, nous allons être nombreux, j'ai l'énergie pour"
Il est 23H30, Titiman est encore sur la place Mescal, le montage n'est pas encore terminé, au pays du soleil, il faut dompter la lumière. Dans son langage délicat, Fabienne a formulé le souhait d'en découdre avec le dernier costume des 120 personnages qui vont bousculer Addis. Marc met son pull-over, prendre un taxi pour voir comment avance le chantier sur la fameuse place. Martine, my partner, revient: les velcros de la bouche du lion n'étaient pas finis.
- "Luc, tu as vu les drapeaux! Le Français est beaucoup plus grand que celui de L'Ethiopie!"
- "Ah bon?"
- "C'est impossible"
- "Demain matin, je m'en occupe"
De 8h à 20h, l'équipe Rhinocéros va sceller 6 semaines de travail en commun, ce n'est qu'une première station, le voyage va être long et bon...
- Thierry -

Préparation de la scène (© Vincent Muteau) La coupe à trois Birrs.
N'y tenant plus, de cheveux dans le vent, à passer chaque jour devant la boutique du barbier notre voisin, je m'y aventure. Quatre mètres carrés de boutique, deux fauteuils, un banc et deux clients qui attendent. Trois avec moi. Nous attendons. Aster Aweke, star locale des ondes, remplit l'espace. Une heure d'attente, la tête appuyée contre la porte vitrée, le regard dans le vide, ou plutôt sur l'horizon, le soleil qui se couche, une lumière comme jamais encore je n'avais vu, la quiétude, la sérénité, un moment de répit, seul devant ce pays que nous nous sommes mis à aimer, et déjà pourtant une odeur de retour... Le barbier me fait signe alors qu'une larme déjà coulait sur Addis.
- Luc -
 
Mercredi 7
Jeudi 8
Happy birthday, Mr Lucky
Vendredi 9
Martine