Addis Ababa, le 10 janvier 1998
Ecrire mes mots à chaud, alors qu'ils se mélangent encore
dans ma tête. Vous dire ma joie. D'abord merci à cette équipe
qui jusqu'au bout nous a suivi. Ce soir je me sens l'âme à
faire du Lelouch, "Together" on leur a mis la patate. Les Rhinocéros
ont frappé, ils ont fait craquer le ciel.D'ailleurs y'a pas qu'eux!! Je me suis pris un pain dans la caméra donc dans l'oeil, juste au début de la parade. Un mec a surgit de je ne sais où sur le camion où je me trouvais. Le temps de reprendre mes esprits et un membre de la sécurité de la Mairie m'explique que j'ai filmé la dite Mairie et que c'est interdit. Il me fout la trouille (bon 20 secondes). Aweke me sort de là, il part au poste avec ma caméra et nos autorisations de tournage: tout se termine bien après une petite demie-heure de négociations. Nous avons effacé l'image cause de conflit. Je laisse la place à mes petits camarades. Je suis certain qu'ils meurent d'envie de vous causer. Ce soir je suis un homme heureux, pensées pour Chloé, Gaétanne, Alexia et Lili
- JR -
"Good show", "Very good show" se disent les Kids, leurs grands yeux à
la pupille noire brillent plus que d'habitude. Plus qu'une parade se fut
un spectacle, un "mobil show", 4 kilomètres de bonheur, de rythmes,
de sueurs, de souffles. Les muses étaient avec nous, envoyées
par les dieux des montagnes. Je les imagine assis sur les nuages nous
regardant évoluer sur le bitume brûlant, à chacun
de nos pas se fut un peu plus, nous ne pouvions les décevoir. Je
les pense satisfaits, ils nous ont bénis au final de quelques gouttes
de pluie... et trop émus, ils ont pleuré nous arrosant d'une
pluie diluvienne (et vous savez la pluie ici....). Ahhh...
le retour; deux bus, on s'engouffre, on se tasse, on s'entasse, on pousse.
L'équipe technique se précipite pour protéger et
ranger du matériel son et lumière. Les bus démarrent,
odeur de sueur, buée sur les vitres, on cahote. Les bras se mêlent,
on se retient, on se soutient. Certains enlèvent leur costume,
on se les passe à l'avant du bus. Arrivés au Circus on se
précipite à l'abri de la salle de répétition
improvisée en loges. La pluie crépite sur les tôles,
les cintres circulent, chacun enlève son costume..... A demain,
3h, au Circus....
- Martine R. -
L'image
réalisée à la gare était superbe. Imaginez
la gare d'Addis (où tous les employés parlent français)
pavoisée aux couleurs de l'Ethiopie et de La France, la locomotive
rhinocéros dans l'entrée comme prête à s'échapper.
Les 200 enfants s'installent devant la gare: rythme d'enfer mené
par Rascal des Métalo. Et wou la voilà qui sort et court
vers le public, charge, revient. Les gens rient, courent même. Les
policiers très présents avec le bâton et le fil électrique
pour faire reculer les gens, rient franchement. Le rhino charge une dernière
fois vers les officiels (parmi lesquels Monsieur L'Ambassadeur de France,
Monsieur l'Ambassadeur du Canada, Monsieur l'Ambassadeur de Hollande)
et la parade repart vers le lieu du final où a lieu le spectacle
du Circus avec une introduction des enfants ayant participé à
la parade. Ils participeront également aux dernières images.La création lumière de Titiman est à la hauteur de sa réputation, toute en nuances Eclairage aux néons! plus projecteurs bien sûr. Parfois les ombres des performeurs se dessinent sur les grandes toiles de Kiké. Le lion est placé au milieu et à un moment du spectacle il ouvre la bouche pour laisser sortir les acrobates. Le rhino revient sur la scène laissant s'échapper fumée et artifices de sa cheminée. Final, applaudissements. Premières
gouttes de pluie. Incroyable. Les traductions sont diverses Sister, l'infirmière
du circus dira que c'est un signe des dieux (de quels dieux, je ne rentre
pas dans les nuances), Aboutchou le fils adoptif de Marc (11 ans) dira
tout simplement que le soleil a tellement aimé le spectacle qu'il
en a pleuré! C'est pas beau ça! Puis en 5 minutes , je vous
assure en 5 minutes, les 10 000 personnes sont parties. Incroyable. C'est
vrai que chez nous quand il pleut, on se presse sans vraiment se presser.
Et bien j'ai rapidement compris pourquoi 10 minutes après... (c'est
comme si on recevait un seau d'eau sur la tête comme quoi,
foi de bretonne, il y a pluie et pluie !).Panique pour ramasser ce qui craint le plus. Les enfants se serrent (se coincent) dans les bus, les adultes courent vers les voitures. On ne voit plus que les feux arrières des voitures officielles. A quelques uns on range, on couvre le rhino. Les techniciens du circus, Luc, Titiman, Anto démontent les lights et le son mais en faisant très attention. Le courant (heureusement que hier c'était un jour avec) est toujours branché et ici la terre ils ne connaissent pas. Les
voitures font des rotations pour ramener au campus du circus tous les
comédiens. Et on finira au fond d'un container (comme ceux qui
traînent sur le port de Brest) à attendre. Heureusement que
Marc nous trouve des couvertures ! Vous voyez le tableau ! 6 français
SDF, une couverture sur le dos, au fond d'un container sans lumière.
Et dehors, il pleut toujours.D'ailleurs il pleuvra presque toute la nuit et aujourd'hui le temps est très gris, lourd, les moustiques sont de sortie. La suite au prochain épisode. Ce mot a été écrit en plusieurs fois comme vous pouvez le voir. L'électricité est revenue, Marc finit son article. Nous sommes lundi matin. Ah, au fait ce soir, Le Fourneau offre l'apéritif à toute l'équipe (avec mes frais de mission !). Je vous embrasse tous.
- Michèle -
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Martine
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