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Etaples, 2ème jour Ciel gris et vent frais, sur la plage de Berck, les
choristes matinaux sont partis chercher l'inspiration. Il est recommandé
de se couvrir chaudement et d'emporter son "damart" pour
la représentation. Les plus flemmards arrivent à 10h01,
pour le départ du car vers Etaples. Marre des retards, Dov
s'empare du micro pour proposer un gage aux retardataires. On vote
gaiement à main levée, 17 pour et 6 contre, certains
ne se prononcent pas... Une cagnotte est ouverte, elle nous permettra
d'organiser une fête à Maubeuge...
N'oublions pas que ce parcours dans le Nord-Pas de Calais est une TOURNEE. Et que c'est la première fois, pour Oposito, qu'il faille enchaîner 12 dates en trois mois ... Une tournée, ça peut faire exploser une équipe, c'est un risque, mais c'est aussi un pari fou, celui de réussir à coexister, à cohabiter, à cotravailler. Il faut pouvoir proposer des choses et en accepter d'autres ...
Que va-t il se passer ce soir ? Dans les loges, c'est la pause. Les choristes, éparpillés sur des matelas de fortune, reposent leur voix. En 7 dates, le choeur a su s'imposer dans la rue comme l'élément moteur de ce spectacle. Cette fameuse énergie dont parlait Jean-Raymond et Martine lors de la première rencontre, en novembre dernier (8 mois déjà !). Martine qui avait promis de ne pas jouer, ni chanter, dans ce spectacle a fini par céder. Son entrée parmis les choristes lui permet de faire évoluer les mouvements à vue du public. Par des gestes simples, telle une diva muette, elle donne les indications aux différents leaders du groupe. Corrine est une de ces leaders, elle explique : "A Saint-Omer, on s'est fait dépasser par le public, c'est la première fois que ça nous arrivait. Il a fallu remonter la foule, et se poser comme les guides du spectacle. Chacun s'est rendu compte de ce qui se passait, et on a réagi en conséquence. C'est comme cela qu'un groupe avance".
C'est l'heure de l'entrée en loge. Puis le rituel inhérent à chaque date Oposito : le point. Aujourd'hui, Juliette sur son balcon chantera sans le décor de fond, ce rideau en trompe l'oeil flottant sous une légère brise, trop de prise au vent ... Idem pour l'acte 5, les comédiens, monteront sur un plateau scénique sans rideau rouge.
L'opéra au grand air ... Le vent s'est calmé, mais il nous accompagnera ce soir. Patrick effectue les ultimes vérifications, cheveux au vent. C'est désormais à lui de jouer sa partition aux manettes de la patmobile. La table de l'acte 1 est bien silencieuse, les spectateurs n'osent pas s'en approcher, ils restent à l'abri, et emmaillotent les enfants avec pulls de l'hiver dernier. Il est 22h13, les métronomes sortent de leur cachette, Violetta et sa noble escorte embarquent le public sous un long voile étincellant ...
Il est 23h31, le public applaudit au départ des artistes. On salue la prestation artistique, mais aussi, évidemment, ce pari fou d'avoir joué ce spectacle sous des conditions guères clémentes. Les techniciens démontent sous les quelques gouttes de pluie. Ils finiront plus tôt ce soir, les différents décors étant tous à proximité du village technique. Patrick sort de sa patmobile, l'acte 4 a connu quelques problèmes de calage. Aux côtés de Richard, ténor sur l'Air des deux hommes en colère, il explique et analyse ce qu'il s'est passé, et ce qu'il doit encore afiner. Jean-Raymond lui aussi cherche ses mots. "La diva de ce spectacle, c'est le son" ! Et dans cet opéra nous en dépendons tous ! La semaine prochaine, j'irai fouiner du côté de la patmobile, de cette "diva" électro-acoustique sur batterie qui détermine à elle seule les calages musicaux, les mouvements du choeur, et le rythme cardiaque d'une bonne partie de l'équipe au moment du spectacle ...
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